Lili et Lulu

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Recent Activity

O Venezia che sei la piú bella
Pour Venise, ce chant qui était de révolte, interprété ici par la grande Giovanna Daffini (1913-1969), elle qui a été à l’avant-garde de la redécouverte de la tradition musicale populaire italienne, ouvrant le chemin à Giovanna Marini et à d’autres :


O Venezia che sei la più bella
e tu di Mantova che sei la più forte
gira [...]
Os Argonautas
Étonnante et émouvante cette vidéo tronquée d’Elis Regina chantant Os Argonautas, l’hommage de Caetano au Portugal et au fado, accompagnée par un ensemble de guitaristes de fado de Coimbra.

O barco, noite no céu tão bonito
Sorriso solto perdido
Horizonte, madrugada
O riso, o arco, da madrugada
O porto, nada
Navegar é preciso, viver não é preciso
Caetano Veloso

Un maintien de fadiste, [...]
Carminho — A Bia da Mouraria
Elle a 25 ans, en elle la singularité du fado, la voix est parfaite. Et la vidéo — de João Botelho s’il vous plaît — confère à la Mouraria, à la petite église de la Senhora da Saúde et à ca fado une ambiance napolitaine.

Adorable.
L. & L.
Na Mouraria só falam do namorico
A Bia namora o [...]
La parole Amália (1)
Quand on entendait Amália à la radio à la fin des années 60, au début des années 70, je ne faisais pas le lien avec le fado, c’était impossible. C’était surtout La maison sur le port je pense. Aranjuez mon amour aussi. Rien à voir avec le peu que je connaissais alors du fado.
La mémoire [...]
Aldina Duarte — Ai meu amor se bastasse
Il faudrait plus que ce billet rapide pour parler d’Aldina Duarte, une des grandes fadistes d’aujourd’hui, et de surcroît une femme engagée et chaleureuse. On la voit ici dans Ai meu amor se bastasse, à la Casa Fernando Pessoa à Lisbonne, avec le grand José Manuel Neto à la guitare portugaise, et Miguel Ramos à [...]
Amália — 10 ans aujourd’hui
Je n’ai appris que très tard qu’Amália était morte, en rentrant de Toulouse vers 22 heures, peut-être un peu moins. En 1999 nous habitions en Ariège une petite maison très isolée, d’accès difficile et sans confort aucun. Je travaillais à Toulouse comme aujourd’hui, je faisais l’aller retour en voiture tous les jours. Ce soir-là, le [...]
Amália et la Castafiore
Dans une dizaine de jours à peine il nous faudra commémorer les dix ans de la disparition d’Amália. Disparition toute relative, car il ne fait aucun doute qu’elle est toujours de ce monde, non en substance mais par l’influence qu’elle exerce plus que jamais sur la chanson portugaise (je ne dis pas sur le fado, [...]
António Zambujo & Quarteto em mim — Milonga Carrieguera
Ah, ça faisait longtemps …
Ce n’est pas du fado cette fois, c’est du tango. Cette milonga d’Astor Piazzolla est extraite de María de Buenos Aires, une sorte de comédie musicale, un « ópera-tango » créé en 1968 dans la capitale argentine, avec Amelita Baltar dans le rôle-titre.

Apparemment il s’agit d’un récital de l’ensemble de tango [...]
Libertação — Margarida Guerreiro
Ce Libertação n’est pas celui que chantait autrefois Amália sur la musique du Fado menor et un poème de David Mourão-Ferreira. Celui-ci est composé par Custódio Castelo sur un texte de Pedro Homem de Melo. Bien sûr, seul un fil ténu le relie à l’univers du fado, du moins l’accompagnement instrumental, dominé par la guitare [...]
O’QueStrada — Tasca Beat
Non ce n’est pas du fado, mais ils sont fantastiques, joyeux et élégants, colorés et hétéroclites.
L’article que leur consacre Wikipedia (Portugal) les décrit comme « uma banda portuguesa de som popular, delirante, e atlético », un « groupe portugais au son populaire, délirant et athlétique ».
C’est bien ça.
Je les ai vus à Toulouse en 2005, ils [...]
Celeste Rodrigues — Meu corpo
Toujours on la présente comme la sœur d’Amália. Il est vrai qu’elle n’a pas eu la carrière de son aînée, et que sa discographie est assez sporadique. Cependant elle a exercé son activité de fadiste presque sans discontinuer depuis 1951, et chante toujours (à 86 ans). Il y a quelques années elle a participé à [...]
Camané — Sei de um rio
Je suis rentré en voiture de Bretagne. J’avais une petite provision de CD, dans laquelle une compilation récente intitulée Fado Anthologia (Universal Music France, 2009). C’est du morceau interprété par Camané que je veux parler un peu, Sei de um rio, extrait de son album Sempre de mim (EMI music Portugal, 2008), parce qu’il me [...]
Amália, Alain Oulman -- Soledad
Autres vidéos de CatarinaR7 sur Youtube
Pois só ele explicaria
a quem teu destino serve
sem mágoa, nem alegria
para um coração tão breve
Présence merveilleuse, voix chaleureuse d’Amália, rayonnante et aimable, heureuse à ce qu’on voit. Son parler, son rire.

La scène a lieu en 1989. Il s’agit d’une séance de travail en studio pour Soledad, poème de Cecília Meireles, musique d’Alain Oulman, ici au piano. On en voit un bref extrait dans le DVD de Bruno de Almeida. The art of Amália. Le morceau a donné lieu à un enregistrement en studio, jamais publié en raison semble-t-il d’un contentieux juridique avec les héritiers de Cecília Meireles. Mais elle a ensuite fréquemment chanté ce fado en public, comme ici à Milan :


Autres vidéos d'AlexCruzdeMalta2009 sur Youtube
On sait les atteintes qu’a subies la voix d’Amália à partir du début des années quatre-vingt. Mais ici elle est impressionnante, elle porte fièrement ses 69 ou peut-être 70 ans. Comme Callas, elle a compensé le passage du temps sur ses cordes vocales par une présence encore plus vibrante, un chant encore plus émouvant, finalement plus beau. Comme le visage « dévasté » de Marguerite :
Un jour, j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un homme est
venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : « Je vous connais
depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez
jeune, je suis venu pour vous dire que pour moi je vous trouve plus belle
maintenant que lorsque vous étiez jeune, j'aimais moins votre visage de
jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »

Marguerite Duras. L'Amant.
L. & L.
Hermínia Silva (1907-1993)
Elle a une attitude toujours un peu ironique et distanciée, le regard malicieux de celle qui en sait long, et une voix alerte, légèrement granuleuse, un peu gouailleuse pour employer un mot très français. Elle a été l'une des grandes vedettes du fado du siècle dernier, un peu avant Amália dont elle est l'aînée de 13 ans, un peu après Alfredo Marceneiro (né en 1891).

On le sait, Amália a engagé le fado sur une voie nouvelle, par son exigence quant à la qualité des musiques et des textes et aussi parce qu'elle a voulu, consciemment ou non, qu'il y ait une symbiose entre musiques et textes, ce qui n'est pas le cas dans le fado traditionnel qui use abondamment du réemploi de schémas mélodiques et rythmiques (par exemple le Fado menor dont il a été question ici, chanté sur des paroles chaque fois différentes par Amália, Maria Teresa de Noronha et bien d'autres). Cependant, on peut considérer que le terrain a été en quelque sorte préparé par Hermínia Silva. Amália a d'ailleurs constamment mis à son répertoire Velha tendinha, un des « tubes » de son aînée.



Il est dommage qu'on ne trouve pas d'enregistrements d'elle en France, en dehors des compilations, par exemple celles-ci :

Fado  : Lisboa-Coimbra 1926-1931. - Frémeaux & Associés, P 1998. - 2 disques compacts + 1 brochure.  - Frémeaux FA153. - EAN 3448960215329

Fado : matar saudades. - Wagram music, P 2007. - 2 disques compacts + 1 brochure. - Wagram roots 3127622. - EAN 3596971276225

L. et L.

Hermínia Silva dans Wikipedia (en portugais)
Caetano & Amália
C'est un extrait de la vidéo The art of Amália de Bruno de Almeida. En concert au Coliseu dos recreios à Lisbonne, Caetano, dans la plénitude et l'évidence de son charme souverain, dit :
« ...uma das coisas mais fortes na minha formação foi o som que saiu sempre, e sai, e sairá e sempre soará no mundo da garganta de Amália Rodrigues. »
« ...une des choses les plus fortes dans ma formation a été le son qui sortait, et qui sort, et qui sortira et toujours s'élèvera dans le monde depuis la gorge d'Amália Rodrigues. » Alors Amália vient le rejoindre sur la scène : la Mère et l'Esprit. Le fils -- António Zambujo -- n'est pas encore apparu dans le monde.

L. et L.
The art of Amalia / Bruno de Almeida. - EMI music France [distrib.], [DL 2005]. - 2 DVD (2 h 30 min). - EAN 0724359984292
Mísia -- Ruas
J’ai de la sympathie pour Mísia, il me semble qu’elle est une femme sensible et intelligente, parvenue maintenant à l’âge où les personnes sont les plus émouvantes, enfin souvent. L’âge où on porte en soi et sur soi le poids et l’épaisseur de la vie déjà vécue et subie. Surtout les femmes peut-être. Souvent elles n’enlaidissent pas, au contraire. Les traits du visage deviennent plus précis, c’est le moment de la vie où ils révèlent le mieux l’être.

Ce sont des sottises peut-être. On dit de ces choses parfois…

Il y avait ce documentaire diffusé cette année sur Arte (Mísia chante le fado aux Bouffes du Nord. Réalisation de Carmen Castillo. Diff. le 16 février 2009) qui la montrait dans le spectacle Lisboarium (matière du premier des deux CD qui composent Ruas) et aussi dans sa vie parisienne, son appartement, un café et décidément oui, je la trouve sympathique et attachante.

Je ne suis pas toujours convaincu par ses choix artistiques, je trouve ses enregistrements assez inégaux et parfois tout à fait éloignés de moi, sans rapport avec moi. Je ne dis pas ratés, parce qu’il existe certainement des gens qui les aiment. Par exemple, je n’écoute jamais Canto, un album inspiré par la musique de Carlos Paredes. Je n’ai pas non plus beaucoup aimé Drama box, en dehors des deux boleros mexicains Ese momento et Te extraño. Il faut dire que la voix de Mísia, pour puissante qu’elle soit, n’est pas parmi les plus belles. Ce n’est pas tant le timbre qu’une certaine raideur et parfois un flirt avec les limites de la justesse. En fait cette voix convient parfaitement à un certain type de chanson française : Mísia chante Piaf à merveille. Dans le fado, qui est un chant acrobatique et qui nécessite une voix très ductile et maîtrisée, il lui faut compenser par l’engagement et la foi  (je ne parle pas de religion, à moins de considérer que le fado en est une). Je l’ai vue sur la scène de la Halle aux g
António Zambujo -- Amor de mel, amor de fel
António Zambujo, au théâtre São Luís (Lisbonne), 2008
« Tenho um amor que não posso confessar »
« J'ai un amour que je ne peux confesser ».

Amor de mel, amor de fel / paroles d'Amália Rodrigues ; musique de Carlos Gonçalves.