Mísia -- Ruas
J’ai de la sympathie pour Mísia, il me semble qu’elle est une femme sensible et intelligente, parvenue maintenant à l’âge où les personnes sont les plus émouvantes, enfin souvent. L’âge où on porte en soi et sur soi le poids et l’épaisseur de la vie déjà vécue et subie. Surtout les femmes peut-être. Souvent elles n’enlaidissent pas, au contraire. Les traits du visage deviennent plus précis, c’est le moment de la vie où ils révèlent le mieux l’être.
Ce sont des sottises peut-être. On dit de ces choses parfois…
Il y avait ce documentaire diffusé cette année sur Arte (Mísia chante le fado aux Bouffes du Nord. Réalisation de Carmen Castillo. Diff. le 16 février 2009) qui la montrait dans le spectacle Lisboarium (matière du premier des deux CD qui composent Ruas) et aussi dans sa vie parisienne, son appartement, un café et décidément oui, je la trouve sympathique et attachante.
Je ne suis pas toujours convaincu par ses choix artistiques, je trouve ses enregistrements assez inégaux et parfois tout à fait éloignés de moi, sans rapport avec moi. Je ne dis pas ratés, parce qu’il existe certainement des gens qui les aiment. Par exemple, je n’écoute jamais Canto, un album inspiré par la musique de Carlos Paredes. Je n’ai pas non plus beaucoup aimé Drama box, en dehors des deux boleros mexicains Ese momento et Te extraño. Il faut dire que la voix de Mísia, pour puissante qu’elle soit, n’est pas parmi les plus belles. Ce n’est pas tant le timbre qu’une certaine raideur et parfois un flirt avec les limites de la justesse. En fait cette voix convient parfaitement à un certain type de chanson française : Mísia chante Piaf à merveille. Dans le fado, qui est un chant acrobatique et qui nécessite une voix très ductile et maîtrisée, il lui faut compenser par l’engagement et la foi (je ne parle pas de religion, à moins de considérer que le fado en est une). Je l’ai vue sur la scène de la Halle aux g