Semaine d'action (1) : Contrôler le commerce des armes ?
La violence armée tue plus de 700,000 personnes par an, et blesse sévèrement plus d’un million de victimes. Pourtant le commerce mondial des armes, qui alimente l’épidémie de violence armée, n’est pas sujet de la réglementation internationale.
C'est de ce constat que part l'action de la Campagne internationale "Contrôlez les Armes". Un réseau d'associations et d'ONG, dont Amnesty International, Oxfam, le RAIAL (Réseau d'Action International sur les Armes Légères) ... s'est formé à partir de 2003, autour de ce constat qui, en plus d'être évident, se faisait de plus en plus pressant : une action internationale est nécessaire pour contrôler le commerce des armes dans le monde.
Benoît MURACCIOLE, responsable de la campagne Contrôlez les Armes pour Amnesty International France, nous explique ce phénomène :
Une arme ne viole donc pas les droits de l'homme en tant que telle, mais elle est le parfait intermédiaire qui permet, voire facilite, les violations des droits humains. Comme le dit Benoît, agir sur ces transferts d'armes peut avoir "plus d'impact" qu'une action a posteriori, quand il est déjà trop tard.
C'est de ces constats qu'est née cette campagne, et cette volonté de stopper le commerce des armes. Tout le commerce des armes ? Non, il s'agit d'analyser les situations, d'évaluer les risques qu'un transfert d'armes puisse faciliter, encourager et aggraver ce qui se passe dans un pays et mener à des violations des droits humains.
Chaque pays a le droit souverain de produire ou d'acheter des armes pour se défendre. Ce droit est même garanti par l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Mais cette même Charte rappelle, dans ses articles 1, 55 et 56, que les Etats doivent respecter et promouvoir les droits humains dans le monde : cela veut dire sur leur territoire, mais aussi s'assurer de ne pas faciliter ces violations sur d'autres territoires. C'est ici qu'entre en jeu le contrôle du commerce des armes sur le pla