J'ai déjà évoqué au fil de mes différentes notes ce fantastique renouveau country-folk qui surgit des USA (et notamment de San Francisco) au mitan des années 1990 et qui déversa sur mes oreilles et mon coeur éblouis une cohorte de disques inoubliables. Je ne saurai exprimer à quel point ces quelques disques furent fondateurs, tant dans le rapport qu'ils fondèrent entre la musique et moi que par les splendeurs désolées qu'ils firent miroiter devant mes yeux. De Lambchop aux Red House Painters, de Mark Eitzel à Smog, de Vic Chesnutt à Palace, tous ces groupes et artistes bénis ont laissé des traces indélébiles en moi, par leurs albums ou simplement par la grâce d'une ou deux chansons.
Parmi eux, je n'ai jamais considéré Tarnation comme le haut du panier. J'appréciais leur musique, mais rien de comparable aux vertiges que me procurèrent Palace ou Vic Chesnutt par exemple. Aujourd'hui, en réécoutant cet album, je me rends compte qu'il vaut sans doute mieux qu'une simple admiration polie. Avec Tarnation, la country retrouve ses couleurs (gris, noir et bleu nuit) et quitte ses oripeaux ridicules que lui ont trop souvent fait porter les faussaires de Nashville et qu'on retrouve encore dans d'impayables festivals de fond de campagne, avec force exhibition grotesque de stetsons, de tracteurs et de santiags. Tarnation ramène cette musique à ses racines, aux anges en souffrance chantés par Gram Parsons, au souffle noir de Johnny Cash et aux ballades sépulcrales de Townes Van Zandt. Et le tout sans tomber dans un passéisme vain, en laissant cette musique faire montre de toute sa puissance émotionnelle. C'est ainsi une country déconseillée aux âmes sensibles, pétrie des effluves des romans d'Erskine Caldwell et des disques de Nick Cave, une country où rodent de sales petits secrets, où les coeurs brisés ne se réparent jamais, où la folie guette.
Derrière Tarnation se cache surtout le véhicule des inspirations de Paula Frazer, forte tête originaire d'un coin perdu de Géorgie, fille
Parmi eux, je n'ai jamais considéré Tarnation comme le haut du panier. J'appréciais leur musique, mais rien de comparable aux vertiges que me procurèrent Palace ou Vic Chesnutt par exemple. Aujourd'hui, en réécoutant cet album, je me rends compte qu'il vaut sans doute mieux qu'une simple admiration polie. Avec Tarnation, la country retrouve ses couleurs (gris, noir et bleu nuit) et quitte ses oripeaux ridicules que lui ont trop souvent fait porter les faussaires de Nashville et qu'on retrouve encore dans d'impayables festivals de fond de campagne, avec force exhibition grotesque de stetsons, de tracteurs et de santiags. Tarnation ramène cette musique à ses racines, aux anges en souffrance chantés par Gram Parsons, au souffle noir de Johnny Cash et aux ballades sépulcrales de Townes Van Zandt. Et le tout sans tomber dans un passéisme vain, en laissant cette musique faire montre de toute sa puissance émotionnelle. C'est ainsi une country déconseillée aux âmes sensibles, pétrie des effluves des romans d'Erskine Caldwell et des disques de Nick Cave, une country où rodent de sales petits secrets, où les coeurs brisés ne se réparent jamais, où la folie guette.
Derrière Tarnation se cache surtout le véhicule des inspirations de Paula Frazer, forte tête originaire d'un coin perdu de Géorgie, fille