Richard Hawley se fait d'abord remarquer au cours des années 1990 pour ses talents de guitariste, talents qui lui valent de jouer les musiciens de studio pour des gens aussi divers que Robbie Williams, Beth Orton ou les All Saints. Hawley accompagne également Pulp lors de leurs tournées et officie un temps comme membre des oubliés Longpigs, l'un de ces innombrables groupes mineurs éclos dans le sillage de la vague brit-pop du milieu des années 1990. Ce n'est qu'en 2001 que notre homme se lance dans une carrière solo et dévoile ses propres chansons, faisant paraître Late night final en 2002 puis Lowedges en 2003, deux disques que je ne connais pas. Vient ensuite ce superbe Coles corner qui va permettre à Hawley d'acquérir davantage de visibilité critique et publique.
L'homme de Sheffield compose une musique résolument hors des modes, inspirée par son admiration indéfectible pour des maîtres aussi prestigieux que Roy Orbison, Elvis Presley ou Scott Walker. Rien de révolutionnaire chez Richard Hawley, pas de recherche de hype ni de volonté de changer la face du rock, juste le goût sûr et l'application qui font les grands artisans. Hawley aligne ainsi les morceaux d'une suprême élégance, disposant pour ce faire de quelques atouts majeurs: un sens mélodique aiguisé, un goût pour les arrangements classieux et une voix de baryton parfaitement taillée pour les ballades en majesté. Le résultat est somptueux.
L'introductif "Coles corner" et son doux balancement nous chavire le coeur d'entrée de jeu, morceau traitant du point de rendez-vous principal de Sheffield, un de ces endroits comme on en trouve dans toutes les villes, où les gens se retrouvent et se rencontrent, et où les espoirs des amoureux se concrétisent ou s'évanouissent: "I'm going down town where there's music / I'm going where voices fill the air / Maybe there's someone waiting for me / With a smile and a flower in her hair". L'ensemble du disque est nimbé de cette mélancolie mordorée, qui nous enveloppe sans jamais nous plomber. Hawley sait introduire suff
L'homme de Sheffield compose une musique résolument hors des modes, inspirée par son admiration indéfectible pour des maîtres aussi prestigieux que Roy Orbison, Elvis Presley ou Scott Walker. Rien de révolutionnaire chez Richard Hawley, pas de recherche de hype ni de volonté de changer la face du rock, juste le goût sûr et l'application qui font les grands artisans. Hawley aligne ainsi les morceaux d'une suprême élégance, disposant pour ce faire de quelques atouts majeurs: un sens mélodique aiguisé, un goût pour les arrangements classieux et une voix de baryton parfaitement taillée pour les ballades en majesté. Le résultat est somptueux.
L'introductif "Coles corner" et son doux balancement nous chavire le coeur d'entrée de jeu, morceau traitant du point de rendez-vous principal de Sheffield, un de ces endroits comme on en trouve dans toutes les villes, où les gens se retrouvent et se rencontrent, et où les espoirs des amoureux se concrétisent ou s'évanouissent: "I'm going down town where there's music / I'm going where voices fill the air / Maybe there's someone waiting for me / With a smile and a flower in her hair". L'ensemble du disque est nimbé de cette mélancolie mordorée, qui nous enveloppe sans jamais nous plomber. Hawley sait introduire suff